Douleurs chroniques: pourquoi respecter les doses prescrites ?

Valérie Piguet Valérie Piguet le 8 septembre 2017

Votre médecin vous a recommandé de prendre un comprimé une ou plusieurs fois par jour durant quelques semaines voire mois.
Pourtant il y a des jours « meilleurs », où vous vous sentez mieux et vous aimeriez alors diminuer ou ne pas prendre l’antalgique.
Est-ce une bonne idée ?

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On vous explique pourquoi ce n’est pas une bonne idée

Quelle que soit l’origine de vos douleurs, à partir du moment où elles sont continues, il est important de respecter les prises des antalgiques, à horaire fixe et à intervalle régulier.

La prescription de la quantité et de l’horaire des prises d’un antalgique respecte ses caractéristiques pharmacologiques, c’est à dire comment cet antalgique est absorbé, comment il agit dans le corps et finalement comment il est éliminé par le corps.

D’un point de vue pharmacologique, la prise régulière et à horaire fixe des antalgiques permet de maintenir dans le sang une quantité stable se situant dans la zone verte « Efficacité ».

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Par exemple, vous prenez à 8h00 un antalgique, la dose suivante prescrite est à 14h00. Cet horaire a été déterminé pour que la dose de 14h commence à être absorbée et agir avant que la dose de 8h00 ne cesse complètement d’agir. Cette prise régulière vous permet de rester dans la zone verte « Efficacité ».

 

 

Le non respect du schéma des doses prescrit par le médecin peut mener à un échec du traitement en vous entraînant dans la zone blanche « Douleurs » ou la zone rouge « Toxicité ».
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Si vous utilisez votre antalgique à la demande, autrement dit, «au coup par coup quand la douleur redevient trop forte» et non de façon préventive à horaire fixe, vous pouvez être confronté à un échec de votre traitement : zone blanche « Douleurs ».
Par exemple : imaginez que vous ressentez moins de douleur et décidez de ne pas prendre votre antalgique à 14h00. Après quelques heures, votre corps aura complètement éliminé le comprimé de 8h00 et vous serez dans la zone blanche « Douleurs ». Comme vous avez alors très mal vous risquez d’augmenter la dose prescrite et de vous retrouvez dans la zone rouge « Toxicité ».

Ainsi, si vous modifiez de vous-même les doses, en les diminuant ou en les augmentant, vous pourriez vous trouver hors de la zone verte « Efficacité ».

En conclusion

Si vous avez le sentiment que votre antalgique est trop ou pas assez « dosé » ou que vos douleurs sont moins importantes, parlez-en à votre médecin ou votre pharmacien et ne décidez pas de votre propre chef de modifier les doses.

 

Billet rédigé  et illustré par S. Spasojevic
Billet relu par Dre.L. Gschwind et Dre V. Piguet
Aucun conflit d’intérêt n’est rapporté par l’auteur et relecteurs.

Références

La morphine. Des réponses à vos questions. Brochure HUG
Comment bien prendre son traitement. Vidal
Antalgiques en vente libre, les règles d’une automédication efficace et sans risque. Interview de la Dre Pickering
Pharmacomédicale.org Pharmacocinétique

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Valérie Piguet

Publié par Valérie Piguet

Médecin adjoint dans le service de pharmacologie et toxicologie cliniques des Hôpitaux Universitaires de Genève. Médecin responsable de la consultation ambulatoire d'évaluation et de traitement de la douleur.

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